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La mort de d'Artagnan

« belle mort » du héros chevaleresque ou « bonne mort » du fidèle serviteur du roi ?
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La mort de d’Artagnan, capitaine-lieutenant des Mousquetaires du roi, sous les murs de Maastricht en 1673 suscita autant l’émoi parmi les tenants de la « belle mort » chevaleresque que la critique acerbe des partisans de la « bonne mort », celle réalisée utilement au nom de la culture du service émergente. Tous gentilshommes, les Mousquetaires arboraient sur les champs de bataille les valeurs militaires attachées à l’idéal chevaleresque : elles consistaient à charger l’ennemi en cherchant le combat au corps à corps, l’épée à la main, seul moyen pour le gentilhomme d’éprouver son honneur, démontrant une absence de peur de la mort. Ces valeurs baroques s’avérèrent rapidement désuètes face au classicisme, la raison l’emportant progressivement sur la passion. D’autant que ces nobles se battaient pour acquérir une gloire personnelle. Vauban les blâmait, prônait une économie des vies et privilégiait une charge raisonnée et méthodiquement calculée pour servir uniquement les intérêts du roi et de toute l’armée et non plus l’individu noble empli de rêves chevaleresques : la fougue des Mousquetaires devait à présent servir l’intérêt commun et non plus seulement susciter le coup d’éclat. Le siège de Maastricht et le symbole de la mort de d’Artagnan marquèrent l’ouverture d’un débat qui vit le triomphe de la culture du service développée entre autres par Vauban dans cette nouvelle forme de la guerre arithmétique.

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