
Les Volontaires, Roman familial de la Révolution française
La micro-histoire d’un soldat lorrain, engagé volontaire en 1791, et de sa famille dans les bouleversements de leur temps.
Gabriel Noël venait d’avoir 21 ans quand, en août 1791, il s’engagea avec ferveur dans les bataillons des volontaires de l’armée révolutionnaire. C’est là que l’historien Thomas Dodman le rencontre, grâce à sa correspondance avec sa mère et sa sœur adoptives, Elisabeth Dufresne et Charlotte de Visme, qui vivent à Sommerviller en Lorraine. Elisabeth fréquente les salons de Lunéville, elle est pétrie de la lecture des « philosophes » et a élevé ses enfants avec Rousseau. Charlotte, malgré sa particule, se veut « sans-culotte » et s’engagera avec sa mère dans l’éducation des enfants du village. Gabriel, fils de paysan adopté et éduqué, c’est un peu Émile à la guerre, soldat-citoyen pris entre ses idéaux et ses désillusions. Il restera cinq ans à l’armée avant de rentrer cultiver son jardin à Sommerviller, dont il sera maire jusqu’à sa mort en 1850.
Ce livre raconte ces trois vies minuscules traversées par les bouleversements de la Révolution, puis les retours à l’ordre de l’Empire et de la modernité du premier XIXe siècle, tels qu’ils se logent dans les plis de l’intime. Il est aussi une aventure historienne dans les archives : Thomas Dodman a réussi à retrouver près de deux cents lettres du soldat Noël mais à peine une quinzaine des deux femmes ; une fois que la famille est réunie à Sommerviller à partir de 1797, les voix intimes se taisent et c’est derrière les archives administratives, qui consignent la vie ordinaire de la France rurale, qu’elles peuvent se deviner. L’écriture de l’historien se coule dans les pleins et les creux des sources, en progressant par fragments et se confrontant aux silences, pour dessiner patiemment ces trois silhouettes dans leur temps. S’élabore ainsi une histoire sensible de l’avènement tortueux, loin de Paris, d’une société d’égaux.